Les semailles de l’Esprit

Rien n’est à l’abri des semailles de l’Esprit. Les clivages sommaires que l’on opère à partir des différences religieuses ou philosophiques ne sauraient rétrécir l’ampleur du geste du semeur. L’Esprit du Christ est à l’œuvre dans notre société, mystérieusement, qu’il y soit ou non reconnu.

Il importe que nous le discernions, que nous le respections et que nous sachions nouer des connivences et des collaborations avec tout ce qui consonne à l’évangile.
En permanence, il nous appartient de discerner dans le champ de notre vie quotidienne les semences de l’Esprit et de travailler à leur croissance.
Sans nous cacher bien sûr qu’il pousse aussi dans notre champ les ivraies de la mort, mais cela est une autre parabole. Et tout ce qui fait la personnalité et l’histoire de chacun de nous est ensemencée d’Esprit.
L’amour et la connaissance, le travail créateur, les monotonies quotidiennes, les doutes et les questions, le rire et les larmes. Partout, l’Esprit tisse avec nous notre vie. Il nous appartient de veiller pour le discerner ; de respirer son souffle avec toute notre intelligence et notre liberté.
Allons-nous les reconnaître ces semailles de Dieu dans nos travaux et dans nos vies ?
Elles sont discrètes, ténues. Elles se reconnaissent peu à peu le plus souvent, quand nos histoires résonnent et convergent avec la mémoire des Évangiles, quand elles se joignent à l’histoire de Jésus.

Jean-Marie SEVRIN
Université catholique LLN.

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Supplique d’un enfant à ses enseignants

Apprenez-nous l’enthousiasme,
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses,
Réveillez nos questions,
Accueillez surtout nos interrogations,
Appelez-nous à respecter la vie.
Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer,
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun,
N’apportez pas seulement votre savoir,
Réveillez notre faim d’être,
Accueillez nos contractions et nos tâtonnements,
Appelez-nous à -agrandir la vie.
Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes,
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible,
N’apportez pas seulement votre savoir-faire,
Réveillez en nous le goût de l’engagement,
Accueillez notre créativité pour baliser un devoir,
Appelez-nous à enrichir la vie.
Apprenez-nous la rencontre avec le monde,
Enseignez-nous la rencontre avec le monde,
Enseignez-nous à entendre au-delà des apparences ;
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérité,
Eveillez en nous la quête de sens,
Accueillez nos errances et nos maladresses,
Appelez-nous à entrer dans une vie plus ardente,
II y a urgence vitale.

Jacques Salomé

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TON DIEU

Chacun veut son Dieu.
Chacun veut placer Dieu dans son camp.
Chacun veut être l’unique serviteur de Dieu.
Chacun veut Dieu dans sa patrie.

Quelle redoutable puissance lorsqu’on peut agir,
parler et décider au Nom de Dieu!

Alors il est possible de mettre le monde entier à genoux.
Tout devient excusable, même l’horreur et l’exécution,
l’exclusion et l’inquisition se transforment en geste d’adoration,
on peut même entreprendre des guerres
pour purifier la terre de ses déchets diaboliques
et établir le prétendu règne de Dieu !

Quand les hommes annexent Dieu, c’est pour justifier leur inhumanité
et leur irrépressible volonté d’imposer un ordre qui les arrange.
C’est pour manipuler leurs frères.

Dieu n’est à personne
Aucun groupe, aucune religion, aucune Eglise ne peut mettre la main sur Dieu.
Dieu se dérobe toujours, il garde ses distances afin qu’on le cherche
et qu’en le cherchant on soit lentement transfiguré à sa lumière.

Je suis «ton Dieu»
n’est pas un titre de propriété privée.
C’est un mot d’amour et d’alliance adressé
pour toujours à tous les vivants de partout !

Ch SINGER « Terres »

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Contempler

Il fut un temps où la nature fortifiait l’homme, l’instruisait, guérissait ses blessures et lui procurait la force de vivre. Il était empli de compassion et d’amour maternel pour la terre. Il savait que le cœur de l’homme éloigné de la nature se dessèche et devient dur. 
Ce temps n’a pas disparu.  Il est en toi, indestructible.  Il suffit de modifier ton regard sur les choses, de faire taire le vacarme du monde et de retrouver la parole du cœur.
Aujourd’hui les vastes solitudes ont été peuplées par des villes puissantes.  Mais les étoiles restent à la même place dans le ciel et le soleil se lève toujours.  
Apprends à contempler ce qui ne change pas, autour de toi, mais aussi à l’intérieur de toi-même, et tu retrouveras l’unité perdue, la sagesse de l’esprit et la santé du corps…

Sagesse Amérindienne

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Accompagner

Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis,
je dois le chercher là où il est et commencer là, justement là.

Celui qui ne sait faire cela se trompe lui-même
quand il pense pouvoir aider les autres.

Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui
mais d’abord comprendre ce qu’il comprend.

Si je n’y parviens pas,
il ne sert à rien que je sois plus capable et plus savant que lui.

Si je désire avant tout montrer ce que je sais
c’est parce que je suis orgueilleux et cherche à être admiré de l’autre
plutôt que l’aider.

Tout soutien commence avec humilité
devant celui que je veux accompagner;
et c’est pourquoi je dois comprendre qu’aider
n’est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir.
Si je n’y arrive pas, je ne puis aider l’autre.

Søren Kierkegaard, philosophe danois (1813-1855)

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Le meilleur en nous

« Si j’avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l’exprimer, j’aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu’il y a de meilleur en nous.
Chacun possède un trésor.  Sois conscient et généreux de ton trésor et, en même temps, reste ouvert, attentif à recevoir le trésor des autres, disposé à apprendre et à te remettre en question.
Cherche la beauté, la vérité, l’excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d’être à même d’accueillir celles des autres.
Occupe joyeusement ta place: il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi ne serions là.
Pense que ta place que tu n’occupes pas pour ne pas déranger reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi . »

Rabindranath Tagore

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Métamorphoses

Dans « Les âges de la vie », j’ai tenté de montrer
ces métamorphoses de l’être au cours de la vie.
Il est évident que tout cela ne vaut
que si l’on a appris en cours d’existence, à mourir.

Et ces occasions nous sont données si souvent;
toutes les crises, les séparations, et les maladies,
et toutes les formes, tout, tout, tout, tout
nous invite à apprendre et à laisser derrière nous.

La mort ne nous enlèvera
que ce que nous avons voulu posséder.
Elle n’a pas de prise sur le reste.
Et c’est dans ce dépouillement progressif
que se crée une liberté immense et un espace agrandi,
exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné.

Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement,
parce que je dois à cette acceptation de vieillir
une ouverture qui est insoupçonnable
quand on n’a pas l’audace d’y rentrer.

Christiane Singer

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Nos chemins d’Emmaüs


Combien de fois avons-nous croisé le Christ sans le voir, sans l’entendre, parce que nous avons parlé avant d’écouter ?

Relisons rapidement le merveilleux récit des pèlerins d’Emmaüs. Le Christ ne s’impose pas aux marcheurs. Il ne dit pas « réjouissez-vous, c’est moi, le Seigneur ressuscité ». Il marche avec eux, les interroge : « Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? », et eux racontent leur vie, leurs espoirs déçus, leur abattement.  

Celui en qui ils avaient cru est mort sur la croix comme un malfaiteur… Là, il pourrait de nouveau dire « regardez, c’est moi ». Mais non, il entre dans le dialogue, raconte pour eux l’Écriture. Et lorsqu’il arrive au village, ils le retiennent : « Reste avec nous, car le soir tombe… » 
Et il accepte l’invitation, sous leur toit, à leur table. Le partage de la parole devient le partage du pain. Il vient enfin le happy end que nous lecteurs nous attendons, en retenant notre souffle : « Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… »

II n’est plus là, mais la joie demeure :  « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin… »

Et il n’y a plus de nuit qui compte, car pour eux, la nuit n’est plus la nuit : « À cette heure même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem. » Et ils partagent ce qu’ils ont vu.

Remarquons que le Christ ne leur a rien demandé, ne les pas envoyés, mais ils ne peuvent pas se taire. Ils courent vers Jérusalem, la joie leur donne des ailes. Quand on les imagine ainsi, viennent les mots du prophète Isaïe qui semblent écrits pour eux : « Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut… »

Spontanément, dans cette histoire, nous nous identifions au Christ, nous pensons que nous devons faire comme le Christ, « cheminer » avec l’humanité, l’écouter, l’entendre. Mais il nous faut songer que nous sommes aussi les marcheurs d’Emmaüs.

Ceux que nous rencontrons sur la route ne sont peut-être pas ceux à qui nous avons quelque chose à dire, mais ceux qui, en figure du Christ, nous disent, nous révèlent ce qui est précieux, nécessaire, indispensable. Combien de fois avons-nous croisé le Christ sans le voir, sans l’entendre, parce que nous avions quelque chose à dire, parce que nous avons parlé avant d’écouter ?

Anne Soupa et Christine Pedotti, 
« Les Pieds dans le bénitier », p. 217


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Humanisation


L’Homme n’est pas. L’Homme est à faire.
« Nous sommes des commencements d’homme »
nous dit saint Jacques (Jc 1,18).
Nous sommes des ébauches d’Homme.
Dieu ne crée pas l’Homme tout-fait,
Dieu a horreur du tout-fait.
Dieu crée l’Homme capable de se créer lui-même.

Notre tâche humaine est de créer l’Homme,
c’est-à-dire de faire que l’Homme soit.
Quel est celui qui oserait se lever pour dire :
moi, je suis un Homme ? …
Il y a des choses qui sont toutes faites
mais l’Homme n’est pas une chose.
L’Homme est à faire.

Nos relations et nos institutions
doivent devenir véritablement humaines,
elles sont en cours d’humanisation.
Nous sommes en devenir,
ce sont nos décisions qui contribuent à faire
que nous soyons des Hommes.
Et nos décisions ne sont vraiment humaines
que si elles sont humanisantes.

Notre humanité passe par l’humanité des autres,
notre liberté passe par la libération des autres.
On ne devient pas tout seul un Homme libre,
On devient soi-même un Homme libre
quand on travaille à libérer ses frères.
On devient plus « Homme »
en travaillant à ce que le monde soit plus humain.

Ces décisions humanisantes,
il est rare qu’elles ne soient pas des sacrifices,
des morts à l’égoïsme,
on ne peut pas à la fois se donner et se garder pour soi.
Tout le monde sait par expérience 
qu’il n’y a pas de vie humaine humanisante authentique 
sans sacrifice.

François Varillon



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On a essayé par la violence, Il a continué avec l’amour

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On a essayé par la violence,
Il a continué avec l’amour.
On a essayé par les crachats,
il a continué dans le silence.
On a essayé par le mensonge,
il a continué dans la transparence.
On a essayé par les coups,
on a essayé par les pièges,
il a continué.
On a essayé par l’envie d’abandonner
qui s’empare de chacun lorsque vient la panique
devant l’inutilité de toute action,
il a continué dans la confiance en la volonté du Père.
On a essayé par le ridicule, il a continué dans la dignité,
avec le manteau rouge sur l’épaule, comme les fous.
On a essayé par les clous, il a continué avec le pardon.
On a essayé par la solitude de l’extrême angoisse des condamnés,
il a continué en se remettant entre les mains du Père.
Alors, on a essayé par la mort,
car la mort, c’est connu, est la solution finale;
personne ne peut aller au-delà, car la mort, c’est connu,
est l’ultime puissance, l’obstacle dernier sur lequel chacun trébuche,
même le plus grand, même le plus saint,
même le Fils, fût-il le Bien-Aimé de Dieu.
Mais il a continué !
Animé par l’Amour du Père,
il est entré dans la mort
comme on entre dans un obstacle qui verrouille le passage !
Il a été brisé, éclaté, son corps et son esprit ont été déchirés.
Mais il a continué et il est passé : le Père l’a maintenu debout !
C’est fait à jamais, la mort est définitivement entamée
et l’entaille ira s’agrandissant,
car désormais la mort a perdu son pouvoir.
Pour l’éternité, le passage est dégagé :
c’est Pâques pour toujours.
Ainsi soit-il. 

Père Charles Singer

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